Pour la sortie prochaine de notre coffret Le lion et le vent avec le regretté Sean Connery, Regard Critique donne son avis sur ce coffret exceptionnel. La Plume et Rimini éditions rendent un vibrant et dernier hommage à Sean Connery qui vient de nous quitter.

« Plus mal aimé que jamais dans ces années de politiquement correct et de divertissements sans aspérité, John Millius reste pourtant l’un de ces cinéastes frondeurs qui ont creusé coûte que coûte leur sillon dans un Hollywood dont ils n’avaient que faire des modes. Film désuet par nature, mais flamboyant par passion, Le Lion et le vent est clairement un grand film d’aventure comme on en fait plus… Avec Le Lion et le vent, belle production conjointe de la MGM et la Columbia, il pousse même encore plus loin, s’emparant d’un authentique épisode historique qui faillit enflammer l’Afrique du Nord, pour le transformer en un fantasme tout droit sorti des grands romans épiques pour la jeunesse. Le regard principal n’est ainsi par celui du héros, Raisuli chef berbère et rebelle s’efforçant de repousser l’occident, ni la fière Eden Pedecaris qui ne cesse de troubler son kidnappeur, mais bien ses deux enfants, et plus particulièrement le jeune garçon. Une touche de Kipling qui permet au métrage de dévier du modèle Lawrence d’Arabie pour se teinter d’un mélange aujourd’hui déroutant de violence sèche (on y découpe les têtes et les langues autant qu’on fusille les ennemis) et d’une naïveté picturale parfaitement assumée.

Longtemps espérée, l’édition française du Lion et le vent se veut certainement un petit évènement éditorial. Rimini reprend alors son packaging Mediabook de Khartoum (assez logique du coup) accompagnant les disques Bluray et DVD d’un livre de 116 pages composé de photos de production bien entendu et de quelques biographies, mais aussi et avant d’une grande réflexion sur le cinéma de John Milius avec comme point central le film en question. Complété d’une interview de l’acteur Darell Fetty (qui joue un des vice-consul mais qui a aussi participé à Dillinger ou Big Wednesday), le portrait questionne constamment la personnalité du bonhomme tout autant que son savoir-faire unique et ses thèmes de prédilection…

Des facettes complémentaires mais aussi parfois antinomiques sur lesquelles revient le journaliste Samuel Blumenfeld dans sa longue présentation vidéo. On y retrace là aussi les coulisses de la production tout autant qu’on y décrypte les étranges tonalité et la vision « hors du temps » du cinéma à grand spectacle. Plus originale, l’éditeur propose aussi un commentaire audio entièrement dédié à la partition de Jerry Goldsmith par les spécialistes du bien nommé « The Goldsmith Odyssey », rappelant par ce geste que c’est bel et bien là l’une des plus belle bande originale du maitre. Est-ce que cela suffit à faire oublier le commentaire audio d’un Millius dans ses grandes œuvres sur le bluray américain. Pas loin oui. »

Liste des bonus : un livre de 116 pages intégré à l’étui, Interview de Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde (43′), Commentaire audio autour de la musique de Jerry Goldsmith de Yavar Moradi, Clark Douglas, Jens Dietrich et W. David Lichty, animateurs du podcast « The Goldsmith Odyssey ».

Regard Critique