Chaude actualité pour La Plume en ce mois de novembre, le site On Mag parle de notre dernière édition La maison aux sept pignons. Les critiques semblent apprécier nos dernières réalisations et nous n’allons pas nous priver d’en parler. Alors, laissons la parole à On Mag.

« La version cinématographique de 1940, conçue secrètement par Universal comme un film d’horreur classique de série B, donc à faible budget, n’est guère respectueuse du roman. Le scénariste Lester Cole a largement tronqué le long texte de Nathaniel Hawthorne et a fortement transformé l’intrigue. Communiste notoire, il n’a pas hésité à faire de Matthew Maule, joué par Dick Foran, un abolitionniste et de Jaffrey Pyncheon, incarné par George Sanders, un trafiquant d’esclaves. Certaines analyses décryptent le film comme un pamphlet déguisé contre le fascisme (nous sommes en 1939) et notent que la punition de la concupiscence dans le film n’est pas divine comme dans le roman mais bien humaine. Malgré son budget étriqué, La Maison aux sept pignons, filmé en studio en Californie, disposa d’une reconstitution soignée de la façade du manoir Turner-Ingersoll de Salem dont s’inspira le romancier. C’est Jack Pierce, maquilleur réputé (La Momie, 1932) qui s’ingénia à vieillir les comédiens puisque l’histoire se déroule sur plus de vingt ans. Joe May bénéficia d’un casting de choix, déjà présent dans Le Retour de l’homme invisible, avec Vincent Price qui, suite à la défection de Robert Cummings malade, interpréta avec son charisme habituel l’infortuné Clifford Pyncheon tandis que George Sanders, renommé pour ses manières délicates, incarna avec sa subtilité habituelle l’ignoble Jaffrey Pyncheon (en 1940 il deviendra le cousin de Rebecca dans le film d’Alfred Hitchcock)…

Plutôt bien accueilli à sa sortie, même si on lui reprocha son infidélité au roman et son flagrant esprit de gauche qui le desservira dans les années 50, cette belle étude d’une famille poursuivie par une malédiction équivoque possède tous les ingrédients du thriller noir fascinant et admirablement interprété : un film qui mérite d’être découvert. »

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